Déjà plus d’un an sans aucun post sur ce blog. Sûrement car j’ai désormais pris l’habitude de partager mes reportages et considérations en premier lieu sur Twitter

2019 est déjà bien entamée, 2018 est passée à une vitesse folle, riche en aventures et nouvelles expériences professionnelles. Des pérégrinations qui m’ont menée des studios de TV5Monde pour mes premiers remplacements de présentation des journaux de la nuit, au lointain Pacifique et à l’archipel d’Hawaï, l’un de mes nouveaux amours, en passant par Caen où j’ai animé (une autre première fois!) une conférence sur la Syrie au Forum mondial Normandie pour la paix. 

J’ai également renoué avec le terrain et retrouvé ma « partenaire en crime », coéquipière de reportages de l’époque libanaise, cette fois de l’autre côté de la Méditerranée, dans le sud de la France. D’abord sur les traces des travailleurs indochinois forcés à l’exil pendant la seconde guerre mondiale, l’occasion de superbes rencontres, notamment avec un ancien marin centenaire qui ne rate jamais l’heure de l’apéro – et tient bien mieux l’alcool que nous, qui comptabilisons à peine 65 ans à deux. Ensuite, à la découverte du fonctionnement du Crédit municipal de Marseille, pour conter des histoires de trésors, d’or et d’exils.

Si je devais n’avoir qu’un seul regret pour cette année intense, c’est celui de la terminer sans avoir revu Beyrouth. C’est la première fois depuis ce mois d’octobre 2009, où je suis tombée amoureuse du Liban, que se passe une année civile sans y avoir posé le pied. J’ai découvert que j’étais junkie de sa capitale, je ressens désormais physiquement les symptômes du manque à chaque stimuli.

La voix de Yasmine Hamdan me fait fermer les yeux et revivre cet atterrissage, maintes fois répété, toujours avec la même excitation et le même émerveillement. Le survol de la côte libanaise, son urbanisation annonciatrice du chaos dans lequel le visiteur va être plongé, l’arrivée au dessus de Beyrouth, encore plus belle de nuit. J’aperçois la skyline de Downtown, le Sporting où j’ai tant aimé danser dans la moiteur des soirs d’été au bord de la mer, bercée par la brise marine, puis les immeubles de la banlieue sud au milieu desquels l’avion s’engouffre pour atterrir.

L’appel d’un ami qui marche dans les rues de Beyrouth : en écho, le bruit des klaxons me replonge dans un taxi qui file à toute vitesse, je vois défiler les palmiers du bord de route, la vie animée des faubourgs, les pêcheurs et joggeurs de la Corniche, les étincelles des narguilés allumés qui les livreurs de shisha transportent en scooter… Une balade imaginaire qui se termine par la dégustation d’un manoushé keshek au goût chaud et réconfortant des lendemains de fête.

2009 – 2019 :  une décennie d’amour pour le Liban, que j’ai trompé avec ce qui semblait être le plus éloigné sur tous les plans : Hawaï. Mais on retourne toujours vers ce qu’on aime : j’y ai retrouvé la folie douce, les habitants qui jouent au chat et à la souris avec les autorités et les lois, le plaisir de vivre sans penser au lendemain, la fierté et la résistance, le communautarisme aussi. 13.000 km entre Beyrouth et Honolulu, et tant de points communs… qu’il faudrait d’ailleurs en faire un article de blog!

En attendant, j’ai suivi de loin l’actualité libanaise, l’occasion d’écrire un article sur les législatives, un autre sur ce fou projet de légaliser le cannabis pour relancer l’économie, et puis 2018 n’aurait pas été 2018 sans parler de l’affaire Carlos Ghosn vue du Liban

Je crois que mon obsession pour le pays du Cèdre (où il y a de moins en moins de Cèdre, on pourrait pas appeler ça plutôt le pays du Falafel?) est incurable et que 2019 sera l’occasion d’ouvrir un nouveau chapitre de ce roman-fleuve qui ne sait trouver son mot de la fin.

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