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Anaïs Renevier – Journaliste

Correspondances du coin de la rue au bout du monde.

Mois

mai 2014

LIBAN – IRINNEWS : Tripoli respire à nouveau

Pour la première fois,  j’ai pu me promener dans les rues de Jabal Mohsen à Tripoli en toute quiétude. Une promenade agréable, mais surtout l’occasion d’un reportage à la rencontre des acteurs de la paix dans la ville. Depuis le plan sécuritaire mis en place en avril partout au Liban, ils ont l’espoir que Tripoli redevienne une ville attractive au Liban.

Un article à lire en anglais 

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LIBAN / SYRIE – BILLET : Sy-riens aux yeux du monde.

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Camp de dahlamiyeh, mai 2014, @Anaïs Renevier

 Je ne la reconnais pas. Pourtant, sa photo avait fait le tour des journaux libanais, et des agences de presse. Mais aux yeux du monde entier, elle n’est rien. Une parmi un million. Elle ne me reconnaît pas non plus, pourtant nous étions à quelques mètres l’une de l’autre en novembre 2013. J’étais une parmi des dizaines, parmi la meute de journalistes. Elle était la femme qui venait d’accoucher et que Valérie Trierweiler avait salué, avec un sourire de compassion. Elle lui avait même accordé une visite privée dans sa tente. Quatre minutes montre en main. «Depuis cette visite, nous n’avons vu personne, pratiquement aucune ONG. Une seule association nous a donné du bois. On est livrés à nous-mêmes.» m’expliquent aujourd’hui les résidents du campement de Dalhamiyeh.

J’avais déjà souligné la vacuité d’une telle visite diplomatique lors d’un post précédent, mais je ne réalisais que trop peu à quel point la situation était en train de se dégrader, pour les réfugiés sous les tentes libanaises. Avec deux collègues journalistes, nous sommes retournées aujourd’hui à Dalhamiyeh dans la Bekaa. Nous avons été accueillies avec de grands sourires chaleureux, et des rires d’enfants. Les hommes formulaient de brèves réponses à nos questions, les femmes nous invitaient à discuter. A l’intérieur des tentes, après une dizaine de cafés et une après-midi du rire aux larmes, la confiance s’est installée, les langues se sont déliées. Une semaine n’aurait pas suffi à soulager le cœur de ces mères courage, mais les visites d’étrangers sont bien trop rares. De tente en tente, les questions fusent. Comment faire pour avoir un visa pour l’Allemagne? Pourquoi je ne peux pas recevoir d’aide alors que j’ai trois enfants? Pourquoi mon enfant n’a-t-il pas pu être vacciné? Bientôt, nous ralentissons le rythme de nos questions pour prêter une oreille attentive. Une mère nous confie son envie de mettre fin à ses jours. Mais nous sommes une imposture. Nous ne pouvons rien faire. A qui pourrait-on faire passer le message? Personne ne semble vouloir entendre leurs voix, et encore moins les comprendre.

Que l’on ne se méprenne pas. Je ne pointe du doigt ni le gouvernement libanais, ni les ONG toutes débordées par l’afflux constant des Syriens qui fuient les bombes. Hier, lors d’une conférence de presse à Beyrouth, Amnesty International le rappelait : les ONG au Liban ne reçoivent que 17% des financements dont elles auraient besoin pour répondre efficacement à la crise. L’agence des Nations Unies pour les réfugiés annonce plusieurs mois d’attente pour l’enregistrement de ceux-ci. Mais ces informations alarmantes sont tombées dans l’indifférence quasi générale des médias.

Dans une tente, une grand mère lit l’avenir dans le marc de café, avec une précision et une clairvoyance presque terrifiantes. Elle nous regarde toutes les trois, et nous dit que nous devons être fatiguées de notre travail. Fatiguées de chasser des histoires que nous ne sommes pas sûres de pouvoir vendre. Oui, je crois que je suis fatiguée. Non pas parce que les médias se désintéressent temporairement de la région. Ca reviendra. Mais je suis épuisée, parce que vos histoires, vos appels à l’aide et vos sourires sont des bouteilles à la mer. Cette misère me ronge l’âme, et je n’ai presque personne à qui la raconter. Et lorsque vous croyez que me le raconter changera le cours du monde, j’ai envie de vous dire que vous ne comptez pas aux yeux du monde, et que je ne suis rien non plus. Plus le temps passe, et plus je veux devenir fleuriste. Je crois que ça rend les gens plus heureux. J’aurais toujours une fleur à offrir à ceux qui auront le cœur lourd. Oui, elle fanera. Mais peut-être moins vite que tous les mots du monde pour raconter vos peines. Et autour des yeux las de toutes ces mères courages qui servent de paravent médiatique à des politiciens en mal d’images, il y aura peut-être un plissement sincère, celui du sourire de l’espoir, aussi éphémère soit-il.

Anaïs Renevier, journaliste

LIBAN – TV5 MONDE : Xriss Jor, une Libanaise future star de Quincy Jones

Xriss' Album Carlos Version_Page_05Hier, j’ai rencontré Xriss. C’était en 2010, elle avait déjà un grain de folie qui égayait nos virées estivales. Elle avait déjà une voix soul impressionnante. Nous avions toutes les deux des rêves, elle voulait chanter, je voulais être journaliste au Liban.

Aujourd’hui, nos chemins se recroisent régulièrement, et récemment c’est pour l’interviewer que je l’ai revue.

Demain, elle sera la nouvelle star de Quincy Jones.

Une figure charismatique, une chanteuse hors paire, à découvrir sur le papier sur le site de l’Agenda Culturel, et en vidéo dans le journal de la culture de TV5 Monde.

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